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Oui, il faut voter Niasse (par SJD)

Chers compatriotes,

J’ai pensé que je ne serais pas juste envers vous si, à la veille d’une élection aussi importante, je vous laisse à vous-mêmes sans vous dire le choix qui me semble le plus juste. Je le fais au risque de susciter l’incompréhension et de perdre l’estime de certains amis. Mais je manquerais à ma parole en ne faisant pas ce que j’avais promis de faire. Et il ne s’agit pas de dire ce que nous allons faire une fois dans l’isoloir, mais ce qu’à mon avis nous devons faire. Parce que le choix du président de la République détermine tout le reste dans un régime comme le nôtre, il nous faut bien le choisir pour éviter à l’avenir les convulsions que nous connaissons aujourd’hui. Personne n’aurait pu imaginer que l’homme que nous célébrions il y a douze ans nous obligerait à compter nos morts pour le faire partir. Or, pour savoir qui il nous faut, nous devons d’abord savoir ce qu’il nous faut.  Sur ce point, la réflexion la plus longue, la plus large a été menée dans le cadre des Assises nationales, par le plus grand nombre d’experts et d’acteurs politiques jamais réunis depuis notre indépendance acquise il y a un demi siècle. Les discussions avaient abouti à un certain nombre de conclusions, sous la conduite d’Amadou Mahtar Mbow. Certaines n’emportent pas mon adhésion, notamment en ce qui concerne l’institution d’un régime parlementaire et j’avais même soutenu qu’avant de s’occuper de l’après Wade, il fallait s’occuper de l’avant Wade. Mais les solutions qui y sont proposées concernant le rééquilibrage des institutions, l’indépendance de la Justice , le développement économique, la défense des libertés fondamentales et la transparence des élections emportent mon adhésion. Il fallait, pour garantir leur exécution, que nous nous entendions sur une candidature unique et une période de transition, toutes questions devenues caduques depuis l’échec des discussions initiées dans le cadre de Benno Siggil Sénégal. Cette discussion rattrape l’opposition d’une certaine manière, au moment où il est question de constituer un front uni pour s’opposer à la candidature d’Abdoulaye Wade avant l’organisation du scrutin présidentiel. Mon avis sur cette question est qu’il faut tenir l’élection, puis qu’aucun observateur, aucun sénégalais n’acceptera de se laisser voler son suffrage. L’élection sera une raison supplémentaire d’exiger le départ d’Abdoulaye Wade et de fédérer toutes les forces vives qui se battent pour son départ. Ne pas aller à l’élection, c’est lui garantir un bail, une période supplémentaire. Il faut donc y aller, pour qu’il ne soit plus un président légitime au soir du 26 février 2012.

Pour revenir à la question du profil du meilleur candidat, qui nous occupe, il faut un homme capable de réaliser le rassemblement tant voulu par les forces qui se battaient pour une candidature de l’opposition. Moustapha Niasse l’incarne le mieux, en rassemblant au sein de sa coalition un nombre significatif de responsables de la société civile, des anciens partis gauche et de nombreux indépendants. D’autres candidats ont déjà pris l’engagement de faire appliquer les conclusions des Assises nationales. Mais Abdoulaye Wade l’avait fait de la même manière, dans le cadre de la Ca 2000. C’est pourquoi la question du profil moral de la personne que nous allons choisir devient capitale. J’ai réfléchi à la question pendant plusieurs mois, en m’imposant, non pas ce que me dicte mon coeur, mais ce que me commande ma raison. Je suis parvenu, au bout de mon analyse, à la conclusion selon laquelle Moustapha Niasse présente les meilleures garanties en termes d’expérience, de connaissance de l’Etat, de probité morale et de respect de la parole donnée, pour conduire les réformes institutionnelles nécessaires. Il m’importait beaucoup que l’homme à qui nous devons confier les destinées de notre pays pendant ces prochaines années cruciales soit un homme de foi tout en étant un laïc. Je me suis souvenu sur ce point des propos rassurants du cardinal Thiandoum, en des moments presque similaires, quand il l’a appelé à assumer ses responsabilités. Mais il me semblait utile aussi que le prochain président de la République se montre proche et en même temps équidistant de toutes les confréries, ce que la sagesse de M. Niasse peut accomplir. Je pense et je suis encore convaincu qu’en ce qui concerne la bonne gouvernance du pays, le respect des institutions, il présente la meilleure garantie pour nous qui revendiquons depuis longtemps le retour de la morale au coeur de la République. Il ne volera pas l’argent de ce pays puisqu’il a toujours, sans vraiment être convaincu de son destin présidentiel, aidé les plus pauvres par la réalisation de nombreuses oeuvres sociales. S’il s’est bâti une fortune ces trente dernières années, ce que je n’ignore pas, il l’a toujours fait en respectant les lois de ce pays, dans le privé, en se gardant de piller nos maigres ressources. J’ai dit que le respect de la parole donnée était important puisque nous ne nous engageons avec celui que nous allons élire président de la République que sur parole, pour un mandat. Je ne me fais aucune illusion sur la réalité du pouvoir et sur la nature des hommes. Moustapha Niasse n’est ni un homme de pouvoir, ni homme obsédé par le pouvoir. Si je lui en ai voulu par moments, c’est qu’il lui manquait cette soif intérieure de victoire qui fait les bons candidats. Il présente un profil trop lisse, trop diplomatique pour convenir dans un combat d’opposant qui exige souvent de la vigueur. Mais il est, à n’en pas douter, dans cette multitude de candidats, le meilleur que nous puissions choisir.

J’ai observé ses différents concurrents, revisité leur passé récent. Macky Sall est de tous, celui qui correspond le mieux à l’idée que je me fais de la politique moderne. Il est sans doute le mieux organisé, le plus déterminé dans son combat contre Abdoulaye Wade, celui avec qui j’ai la plus grande correspondance de vues concernant la façon de conduire la lutte pour le départ du président sortant. Il a, je trouve, une qualité qui manque aux hommes de sa génération et qui est essentielle chez un leader, l’humilité et la capacité d’écoute. Il a entamé ces dernières années un travail remarquable qui ferait qu’il mériterait de devenir président de la République , avec une constance qui lui vaut mon admiration. Si je ne votais pas Niasse, sans doute l’aurais-je choisi. Ce sont des aspects de sa personnalité passée qui me préoccupent encore, sans que je sache vraiment s’il s’en est distingué. Et c’est ce qui justifie toutes mes réserves le concernant. Mais il est, contrairement au procès qu’on veut lui faire, le plus déterminé, le mieux organisé dans le combat contre Abdoulaye Wade, le moins sujet au mensonge et aux retournements de dernière minute.

Pour tout dire Moustapha Niasse est le plus rassurant et le mieux placé pour diriger le Sénégal pendant ces périodes d’incertitude. Il est aussi, du fait de son encrage dans la social-démocratie, dans les valeurs fondamentales de justice sociale, d’égalité et de solidarité envers les plus démunis, celui qui m’est le plus proche. Le fait qu’il soit entouré de nos plus vaillants patriotes comme Amath Dansokho, Momar Samb, Abdoulaye Bathily Penda Mbow et de nombreux autres républicains est la preuve supplémentaire que le choix que nous avons fait est le bon.

Par Souleymane Jules DIOP

Source : Seneweb.com

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